Chronique des temps mouvants
À travers cette série, Mégane Likin s'empare de l'histoire fragmentaire d'une famille ayant voyagé au Japon et aux États-Unis dans les années 1960. Découverte au sein d'une boîte trouvée sur un marché aux puces, cette collection de photographies, de cartes postales et de souvenirs devient le point de départ d'un voyage personnel et imaginaire qui se déploie sous la forme de paysages évanescents.
Bien que nourries d'archives réelles, les œuvres ne cherchent pas à reconstituer fidèlement une histoire. Elles s'en éloignent progressivement pour explorer les mécanismes de la mémoire, du souvenir et de la projection. Les fragments de vie recueillis deviennent la matière d'un récit ouvert, où les images glissent continuellement entre réalité et fiction.
Réalisées sur papier calque, les œuvres jouent des effets de transparence et de superposition pour faire émerger des paysages dont les contours demeurent incertains. La matière agit comme un voile : elle révèle autant qu'elle dissimule, laissant apparaître un monde dont seules quelques traces subsistent.
À travers ces compositions, Mégane Likin envisage le paysage comme un espace sensible capable d'accueillir les émotions, les souvenirs et les récits que chacun y projette. Les scènes représentées semblent parfois surgir de la mémoire elle-même, comme des images fugitives aperçues depuis la fenêtre d'un train puis lentement transformées par le temps.
Réunis dans de petits formats, ces paysages constituent autant de fragments d'un territoire imaginaire. Ensemble, ils composent une expérience à la fois visuelle et contemplative, où le regard oscille constamment entre ce qui a été, ce qui est inventé et ce qui demeure inaccessible.

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