Mégane Likin (Huy, 1994) est une artiste multidisciplinaire qui pratique le dessin, la peinture, la vidéo et la photographie. C’est néanmoins invariablement le paysage qui l’inspire, vide de toute présence humaine, dont elle tire autant de poésie que de douceur. Pour l’artiste, l’histoire d’une famille ayant voyagé au Japon et aux États-Unis dans les années 1960, qu’elle décrypte à partir d’une boîte trouvée au marché aux puces, est prétexte à l’entreprise d’un voyage personnel et imaginaire qui prend la forme de paysages évanescents.

Car le support de prédilection de la plasticienne est le papier calque, qui lui permet de jouer des effets de transparence et de superposition d’images pour créer un univers dont on devine les contours. Ses peintures sont évocatrices d’un monde dont elle reste maître, un ailleurs fantasmé dont elle ne dévoile que l’essence. Davantage que par la représentation, elle envisage la réalité par le prisme du souvenir, de la mémoire, de l’émotion. Des souvenirs en mouvement, qu’elle s’approprie à travers l’histoire d’une famille qu’elle ne connaît que par fragments, souvent attrapés au vol à travers la fenêtre d’un train. Des images éphémères devenues siennes et qu’elle fixe sur de petits formats qui, de concert, constituent une expérience tant visuelle que métaphysique.

Laura Neve